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Le fait marquant

5
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Rédigé par B. Courmont le 05 Septembre 2008 à 13:39

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec contre-feux.com. A deux mois de l'élection présidentielle américaine du 4 novembre, les stratégies des deux partis semblent radicalement opposées. Si les démocrates jouent l'unité et attaquent l'adversaire sur le programme, les Républicains misent tout sur leur candidat atypique.

O'Halloran, Thomas J. (Wiki-Commons)
O'Halloran, Thomas J. (Wiki-Commons)
D'un côté, les Démocrates ont profité de la convention de Denver pour mettre en avant l'unité du parti après la lutte fratricide des Primaires, et attaquer les Républicains sur les différences de programme, de projet, et de politique pour la future administration. Les cadres du parti de l'âne se sont dans le même temps gardés d'attaquer de front John McCain sur sa personne, et Barack Obama a même rendu hommage au passé de son adversaire, et loué ses mérites que nul ne saurait contester, applaudi par les 85.000 spectateurs de la convention. Le mot d'ordre est donc clair : attaquer McCain sur son programme, mais pas sur son profil.

Côté républicain, la convention de St-Paul a confirmé la tentation de mettre l'accent sur le profil de John McCain, quitte à laisser de côté l'opposition politique plus traditionnelle Républicains-Démocrates, et à considérer que le principal atout du Grand Old Party dans cette campagne est son candidat atypique.

Un profil atypique et exemplaire
La raison pour laquelle les Démocrates veulent éviter de centrer leurs attaques sur le profil de John McCain est simple : le sénateur de l'Arizona est l'une des personnalités les plus respectées aux Etats-Unis. Ses difficiles années d'incarcération au Vietnam en ont fait un héros, et son ascension politique consécutive à sa carrière militaire impose le respect. Les Démocrates ont compris qu'en attaquant McCain sur sa personne, ils s'attaquent à un mythe, et la stratégie du parti de l'âne est clairement d'épargner leur adversaire, et de concentrer les attaques sur le programme du parti républicain, et l'inexpérience de Sarah Palin.

Reste la stratégie des 10%. Si John McCain est souvent dépeint comme un maverick, en marge de son parti, les Démocrates rappellent qu'il a voté dans 90% des cas avec son parti, et mettent en garde les électeurs de s'appuyer uniquement sur 10% de ses engagements pour espérer une rupture avec les années Bush. Les Démocrates relaient ainsi l'idée selon laquelle John McCain ne serait rien d'autre qu'un héritier de George W. Bush, malgré ses démentis.

Eviter le vote de sanction
Côté républicain, le principal défi consiste justement à ne pas afficher John McCain comme l'héritier des années Bush

Côté républicain, le principal défi consiste justement à ne pas afficher John McCain comme l'héritier des années Bush. Après la débâcle des élections mi-mandat de novembre 2006, le Grand Old Party a compris que le label Républicain n'est pas le bienvenu dans cette campagne, après huit années de présidence républicaine dont le bilan est fortement contesté. Un vote de sanction reste possible, notamment dans une campagne où l'économie est omniprésente, et plutôt que d'afficher les valeurs conservatrices, le parti a tout intérêt à mettre en avant son candidat, et son profil atypique.

C'est donc en misant sur un candidat peu représentatif du parti que les Républicains entendent remporter cette élection. On retrouve très nettement cette tendance dans les clips de campagne de McCain, ainsi qu'à l'occasion de la convention républicaine, qui fut plus un meeting de campagne du candidat qu'une réunion de délégués de parti. La stratégie du maverick est donc bien celle choisie par les Républicains. Les Républicains ont a cœur de présenter John McCain comme un commandant en chef, le leader dont l'Amérique a besoin pour relever les défis futurs, au-delà des clivages politiques. Sarah Palin est de son côté chargée de rappeler aux électeurs républicains que le candidat conservateur est John McCain. Ce qui permet au sénateur de l'Arizona de ne pas avoir à se montrer trop marqué sur ce terrain.

McCain et Bush, si loin, si proche
Reste la relation entre le candidat républicain et le président sortant, George W. Bush. Les deux hommes présentent des profils très différents, et furent même des adversaires coriaces lors des Primaires républicaines de 2000. Le sénateur de l'Arizona s'est par ailleurs souvent (pas assez pour les Démocrates, mais trop pour certains républicains) opposé à l'administration Bush au cours des huit dernières années. A tel point que lors des primaires républicaines, il était présenté comme le candidat du changement, face à des adversaires qui ne proposaient qu'une continuité. Mais McCain a besoin des électeurs de Bush s'il veut remporter l'élection, notamment pour rassembler des fonds de campagne.

Et il ne peut dans le même temps se montrer trop proche du président sortant, au risque de voir son impopularité affecter sa campagne. Parce que quand Bush rappelle son soutien à McCain, ce dernier perd en général deux points dans les sondages ! pas étonnant dès lors de voir les stratèges du camp McCain (parmi lesquels figurent d'anciens proches de Bush) mettre en avant le profil atypique de leur candidat, en évitant tant que possible les allusions à l'administration sortante. Un pari risqué, mais qui constitue la meilleure chance de victoire, voire la seule, pour McCain.

En partenariat avec contre-feux.com




Le fait marquant

5
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Rédigé par Marjorie Paillon le 05 Septembre 2008 à 09:57

John McCain s'est posé en rassembleur hier lors de son discours d'investiture à la convention de Minneapolis. Un discours de près d'une heure où le candidat républicain a abordé son passé de prisonnier de guerre, son projet pour l'Amérique et les questions d'économie. Un sujet sur lequel il n'a pas tellement coutume de s'exprimer et qui manquait aux débats de cette convention. John McCain a voulu rassurer les électeurs indépendants. Mais a-t-il réussi son numéro d'équilibriste entre conservatisme et opposition aux années Bush ?

News Hour, licence CC, Flickr
News Hour, licence CC, Flickr
La mission de John McCain n'était pas facile. Après avoir donné des gages de bonne foi à la base conservatrice du Parti républicain, en choisissant comme colistière la passionaria anti-avortement et "pitbull" de campagne autoproclamée Sarah Palin, il devait rassurer les électeurs indépendants, ceux qui lui ont fait confiance jusqu'à présent.

Premier écueil à éviter, évoquer le bilan de l'administration Bush. Le nom de George W. Bush n'a pas été prononcé une seule fois. Sarah Palin avait opté pour la même omission volontaire mercredi soir. Autre passage obligé : redorer son blason de "maverick". John McCain s'est employé à rappeler ses passes d'armes à Washington, son travail sur les lois bipartisanes au Sénat, sa lutte contre les lobbies et les dépenses incontrôlées de l'Etat.

Les Républicains n'avaient pas encore abordé la question de l'économie depuis le début de cette convention, à tort. Barack Obama et Joe Biden le leur ont reproché hier. McCain a eu à cœur de leur répondre, à sa manière. Le sénateur de l'Arizona a donc parlé d'économie, mais à l'aide d'exemples très concrets. "Je me bats pour Bill et Sue Nebe de Farmington Hills, dans le Michigan, qui ont perdu leurs investissements immobiliers à cause du mauvais état du marché. Bill a pu trouver un petit boulot après sept mois de chômage. Sue a trois emplois en même temps pour pouvoir joindre les deux bouts."

Les thèmes de prédilections de John McCain étaient bien sûr présents dans son discours d'investiture. L'environnement tout d'abord, le seul véritable dossier sur lequel il a su imposer son agenda au camp démocrate. Il défend donc son "Lexington Project", programme de réduction de la dépendance énergétique et pétrolière des Etats-Unis par le développement d'énergies alternatives et la mesure plus controversée de forages pétroliers sur les côtes américaines. "Nous allons arrêter de dépenser 700 milliards de dollars dans des pays qui ne nous aiment pas beaucoup. Nous allons attaquer ce problème sur tous les fronts. Nous allons produire plus d'énergie chez nous. Nous allons relancer les forages pétroliers, ici et maintenant. Nous allons construire plus de centrales nucléaires. Nous développerons une technologie du charbon propre. Nous allons augmenter l'utilisation du vent, du soleil et du gaz naturel. Nous encouragerons au développement et à l'utilisation d'essence hybride et de voitures électriques."

Sur les questions internationales, McCain passe à l'offensive. "Nous devons faire face à de nombreuses menaces dans ce monde dangereux, mais je n'en ai pas peur. Je suis préparé à y faire face. Je sais comment les questions militaires fonctionnent, ce qu'on peut y améliorer, ce qu'on ne devrait pas faire. Je sais comment marche le monde. Je sais y reconnaitre le bien du mal. Je sais comment travailler avec les leaders qui partagent notre rêves d'un monde plus libre, plus sûr, plus prospère, et comment m'élever contre ceux qui ne le partagent pas."

John McCain a bien entendu rappelé son long séjour en captivité au Vietnam, mais il a compris que l'enjeu de chaque élection était le changement. Il reprend donc la formule qui a fait la popularité de Barack Obama et exhorte les Américains à se battre avec lui et pour leur pays.

Retrouvez le texte intégral du discours d'investiture de John McCain ici.



Le fait marquant

6
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Rédigé par Marjorie Paillon le 04 Septembre 2008 à 18:52

"Country First", c'est le leitmotiv de John McCain. Dans un spot vidéo, il rappelle en 1 minute 30 les fondamentaux qui ont fait le mythe et la campagne du "maverick McCain". Un teaser qui tombe à pic, à quelques heures de son discours d'investiture sur la scène du Xcel Energy Center de Minneapolis.



Le fait marquant

11
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Rédigé par Marjorie Paillon le 04 Septembre 2008 à 09:57

Sarah Palin était attendue au tournant. Sur la scène du Xcel Energy Center, elle s'est livrée à un exercice d'équilibriste : balayer les rumeurs qui entourent sa nomination et imposer son style, malgré tout. John McCain peut-être rassuré, il a trouvé son chien d'attaque en la personne de Sarah Palin.

GOP, Picasa
GOP, Picasa
Pour faire taire les rumeurs, Sarah Palin a officié aux présentations entre le public américain et sa famille. Todd, le mari arrêté à 22 ans pour conduite en état d'ivresse et autrefois membre du Parti Indépendantiste d'Alaska, Track, le fils aîné de 19 ans, qui doit partir servir en Irak dans une semaine, Bristol, l'adolescente enceinte accompagnée pour l'occasion de Levi Johnston, le père de son futur enfant, Willow et Piper, ses deux autres filles. Et enfin Trig, né en mai dernier et atteint de la trisomie. Sarah Palin promet de se faire l'avocate des familles d'enfants "aux besoins spéciaux" à Washington.

Histoire d'enfoncer le clou, Palin adresse un message aux journalistes : "J'ai très vite appris ces derniers jours que lorsque vous ne faites pas partie de l'establishment de Washington, on vous disqualifie pour cette unique raison. Alors, voici un petit flash d'informations à destination des journalistes et éditorialistes : je ne vais pas à Washington pour obtenir leur approbation. Je vais à Washington pour servir le peuple de ce pays."

Le discours était truffé de petites piques pour tacler Barack Obama. "Je pense qu'être maire d'une petite ville, c'est un peu comme être éducateur social, à ceci prêt que vous avez de véritables responsabilités." Ou encore : "en politique, il y a les candidats qui se servent du changement pour promouvoir leur carrière. Et puis il y a ceux, comme John McCain, qui utilisent leur carrière pour promouvoir le changement". Le message est passé.

Sarah Palin, fière d'être le pitbull de la campagne républicaine, a enthousiasmé les militants et délégués rassemblés à Minneapolis. Reste à savoir si elle séduira au-delà des marges de son parti.

Retrouvez le texte intégral du discours de Sarah Palin ici.


Le fait marquant

4
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Rédigé par Julien Landfried le 03 Septembre 2008 à 23:32

En 1993-1994, le couple d'acteurs ci-dessous avait participé à la grande campagne de publicité financée par les assurances privées contre le projet démocrate de réforme du système de santé mené par Hillary Clinton. 15 ans plus tard, les revoilà ! Mais avec un message sensiblement différent...

Financée par cinq grandes organisations américaines ("the American Cancer Society Cancer Action Network (ACS CAN), the American Hospital Association (AHA), the Catholic Health Association (CHA), Families USA, and the National Federation of Independent Business (NFIB)"), la campagne ci-dessous défend désormais l'idée selon laquelle il est urgent de réformer le système de santé américain devant l'étendue du problème : 47 millions d'Américains sont sans assurance-maladie et 25 millions sont mal assurés.

Pour revoir le spot de 1993-1994, c'est ici.


Le fait marquant

7
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Rédigé par Marjorie Paillon le 03 Septembre 2008 à 19:30

John McCain a décidé de faire taire les critiques formulées à l'encontre de sa colistière en attaquant Barack Obama. Dans ce spot comparatif, il juge le bilan de son adversaire démocrate et accorde le label "Alaska Maverick" à Sarah Palin. La politique reprend ses droits à O.K. Minneapolis...

Voici le script de "Alaska Maverick" :
Voix off: The Journal says: "Governor Palin's credentials as an agent of reform exceed Barack Obama's." They're right.
She "has a record of bi-partisan reform."
He's the Senate's "most liberal."
She "took on the oil producers."
He gave big oil billions in subsidies and giveaways.
She's "earned a reputation as a reformer."
His reputation? Empty words.
John McCain: I'm John McCain and I approved this message.


Le fait marquant

12
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Rédigé par Barthélémy Courmont le 03 Septembre 2008 à 17:44

Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'IRIS, en partenariat avec contre-feux.com. John McCain n'a pas attendu que les banderoles démocrates déployées à Denver soient remballées pour annoncer le nom de sa colistière : Sarah Palin. Deuxième femme figurant sur un ticket présidentiel (après Geraldine Ferraro, côté démocrate, en 1984), cette mère de cinq enfants marque un tournant dans la stratégie du camp républicain.

A quoi sert Sarah Palin ?
On attendait ainsi le gouverneur du Minnesota Tim Pawlenty, voire Mitt Romney et dans une moindre mesure Joe Lieberman, et c'est finalement vers une inconnue du grand public que le choix du candidat républicain s'est porté. Un pari risqué, qui nous invite à nous interroger sur ce à quoi va servir Sarah Palin dans la dernière ligne droite de la campagne de John McCain.

Un pari audacieux
Certains analystes américains, quelque peu déconcertés, mettent en avant le goût du jeu de McCain, et le pari d'un ticket inattendu, qui lui permettrait de dynamiser sa campagne. Notons au passage que le sénateur de l'Arizona peut effectivement être qualifié de joueur, et que ses positions parfois atypiques sont de vrais paris politiques. Le dernier en date, couronné de succès : défendre l'idée qu'une victoire en Irak reste possible, au début des Primaires républicaines. Un pari osé, mais un pari réussi, qui a fait mouche face à des candidats cherchant à esquiver la question. Avec Sarah Palin, c'est un pari encore plus audacieux : celui de la nouveauté, mais aussi de l'inexpérience, et d'une image conservatrice pouvant séduire un électorat, mais galvaniser dans le même temps des tensions partisanes dont on voit difficilement en quoi elles pourraient servir le sénateur de l'Arizona.

Moins d'expérience qu'Obama
Elle est inconnue du grand public américain et n'a aucune expérience en politique étrangèreLe plus gros handicap de Sarah Palin est son manque d'expérience. Gouverneur de l'Alaska depuis 2006, elle était auparavant maire d'une ville de 7.000 habitants. Aucune expérience en politique étrangère, inconnue du grand public américain, elle est à 44 ans une version presque caricaturale des critiques à l'encontre de Barack Obama formulées par les Républicains ! Les Démocrates n'ont d'ailleurs par tardé à railler leurs adversaires pour un choix qui, selon, eux, confirme que le manque d'expérience d'Obama n'est décidément pas un handicap. Sur les questions économiques et sociales, la gouverneur de l'Alaska ne peut pas non plus mettre en avant une expérience notable. Rappelons en effet que l'Alaska, malgré sa superficie, est l'un des Etats les moins peuplés de l'Union (vingt fois moins peuplé que l'Illinois, par exemple).

Alors pourquoi ce choix ? Sans doute parce que McCain a décidé de ne plus centrer sa campagne autour de l'inexpérience de son adversaire, comprenant que cet argument ne saurait lui suffire à assurer son succès. Il ne veut pas tomber dans les mêmes écarts qu'Hillary Clinton lors des Primaires, et choisit au contraire de contrer les Démocrates sur la jeunesse.

Le débat Palin-Biden : une affiche inattendue
L'un des moments forts des semaines à venir sera le débat opposant les deux candidats à la vice-présidence, le 2 octobre. Face au très expérimenté Joe Biden, nul doute que Sarah Palin n'a pas l'avantage. Mais est-ce important ? Tout l'enjeu est là. Dans les rendez-vous politiques de ce type, l'image compte souvent plus que le contenu, et la proximité avec l'électorat fait mouche là où de grandes démonstrations n'atteignent qu'un petit nombre. Un peu à la manière de George W. Bush, souvent raillé lors de ses débats, mais apprécié du grand public, Sarah Palin pourrait s'en tirer mieux que prévu. Reste que le sénateur du Delaware part rassuré, lui qui pensait sans doute être opposé à un poids lourd du parti républicain, et s'il lui sera difficile d'attaquer son adversaire sur le bilan des années Bush, il pourra en revanche la contrer sur ses idées conservatrices, pour mieux éloigner McCain des centristes.

Le soutien des conservateurs, mais à quel prix ?
Certes, Sarah Palin est une vraie conservatrice, et pourrait permettre à McCain de séduire un électorat qui a jusqu'à présent fraîchement accueilli sa candidature. C'est visiblement la raison qui a motivé le choix du candidat républicain. Est-ce un bon choix ? On sait que le poids des conservateurs est important aux Etats-Unis, mais la force de McCain jusqu'à présent fut de dépasser les clivages politiques traditionnels. Opposée à l'avortement, membre de la NRA, membre de l'aile conservatrice de son parti, Sarah Palin risque dans le même temps de décevoir les nombreux indépendants et centristes qui ont jusqu'ici soutenu McCain pour son franc-parler et son profil atypique. En présentant un ticket fidèle à l'image du parti républicain, le sénateur de l'Arizona risque ainsi de s'exposer à un vote sanction qu'il est parvenu jusqu'à présent à éviter, en ne se présentant pas comme l'héritier de huit ans de gestion républicaine. Difficile par exemple d'imaginer les électeurs d'Hillary Clinton se tourner vers Sarah Palin au simple prétexte que c'est une femme !

Reste une solution : se servir de Sarah Palin pour aller à la pêche aux conservateurs, mais ne pas trop s'exposer avec elle dans le même temps. En d'autres termes, un ticket comparable à celui de Bush père et le très conservateur Dan Quayle, peu expérimenté lorsqu'il devint vice-président, à 41 ans, et ne faisant pas d'om