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Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), en partenariat avec contre-feux.com. Jamais un candidat en campagne présidentielle n'a à ce point rassemblé les foules à 7.000 kilomètres de son pays ! Au cœur de Berlin, plus de 200 000 personnes ont assisté à ce qui restera sans doute comme un discours historique. En cas de victoire en novembre, Obama ne manquera pas d'être qualifié de "Kennedy noir"...
La tournée de Barack Obama en Europe occidentale prend les allures d'une marche triomphale. Dans le Tiergarten, au pied de la célèbre Colonne de la Victoire, au cœur de Berlin, plus de 200 000 personnes assistèrent à ce qui restera sans doute comme le discours le plus important de la campagne présidentielle américaine. Accompagné de "Yes, we can" repris en cœur par la foule berlinoise, Obama a renforcé sa stature présidentielle, et marqué des points importants dans sa lutte avec John McCain.
Après la tournée de McCain, Obama marque des points En Allemagne, un récent sondage indique que 76% des personnes interrogées voteraient Obama, contre 10% pour McCain. On trouve le même taux de popularité dans les autres pays européens. Certes, ces partisans enthousiastes ne voteront pas en novembre, et certes, John Kerry était lui-aussi plébiscité par les Européens il y a quatre ans, avec le résultat qu'on connaît. Mais l'engouement du vieux continent va cette fois très nettement au-delà de la sympathie. Les Européens ne rejettent pas McCain comme ils rejetaient Bush en 2004, ils ont tout simplement trouvé en Obama un candidat différent, le seul à leurs yeux capable d'améliorer l'image de Washington dans le monde, et d'ouvrir une nouvelle page des relations internationales. Or, en internationalisant cette "obamania" qui a déjà gagné une partie de l'électorat américain, le camp démocrate prend un ascendant sur le candidat républicain dans un domaine qui lui semblait pourtant acquis : la politique étrangère. La tournée de McCain en Europe avait été cordiale, amicale même, mais sans enthousiasme populaire. Celle d'Obama le place en position de force en vue de la dernière ligne droite. Certes, la popularité d'Obama en Europe ne sera pas décisive lors du vote en novembre, les questions économiques et sociales mobilisant davantage les électeurs américains, mais en battant son adversaire sur son terrain favori, Obama prend incontestablement le dessus dans une campagne qui confirme ses immenses qualités, face à un adversaire pourtant de poids. Faire tomber les murs Si les symboles sont là, une foule enthousiaste, Berlin comme décor, la jeunesse et la fougue d'un présidentiable démocrate… on retiendra surtout du discours de Berlin le contenu, pour le moins inspiré. Le thème des murs était, comme cela pouvait être prévisible, très présent, mais plutôt que de faire un rappel historique, Obama s'est plutôt servi de ce symbole pour développer sa vision de l'avenir. Les murs qu'Obama veut faire tomber ne sont pas ceux de la guerre froide, mais de l'incompréhension (et de la haine qui en découle souvent) entre les peuples, les religions, et les nations. Un discours universaliste qui fait mouche, et lui permet de dépasser l'élection présidentielle américaine. Mais la force du propos du sénateur de l'Illinois fut de fustiger à la fois l'anti-américanisme en Europe et les moqueries à l'égard de l'Europe aux Etats-Unis. C'est donc un appel au renforcement de la relation transatlantique que lança celui qui fut souvent dépeint comme un "candidat de l'intérieur", et un peu dédaigneux des partenaires de Washington. La nouvelle génération Les défis sont de taille. Réchauffement climatique, questions énergétiques, prolifération nucléaire, terrorisme, fracture Nord-Sud… Barack Obama a eu l'occasion, au cours des 18 derniers mois, de développer son programme présidentiel et son projet pour l'Amérique, avec le résultat qu'on connaît : il a remporté l'investiture démocrate et fait pour le moment la course en tête contre John McCain. Mais il n'avait pas prononcé un grand discours sur les enjeux internationaux, ce qui lui valut d'ailleurs des railleries du camp républicain, qui moquait son inexpérience et sa naïveté. En appelant une nouvelle génération à relever les grands défis, et marquer l'Histoire, Obama inscrit son discours dans une perspective d'avenir, et se détache de son adversaire, dont le plus gros handicap est l'âge.
Matt Ortega, Flickr, licence CC
Le Kennedy noir
Cette "génération" rapproche Obama de Kennedy, l'un des présidents américains les plus populaires en Europe. Trois présidents américains en exercice, John F. Kennedy, Ronald Reagan et Bill Clinton, prononcèrent des discours majeurs à Berlin. L'intervention d'Obama, qui dit s'être exprimé comme un simple "citoyen" américain, marquera longtemps les esprits et, en cas de victoire en novembre, le sénateur de l'Illinois ne manquera pas d'être qualifié de "Kennedy noir". Ce n'est pas la première fois qu'Obama est comparé à JFK. Une récente biographie du candidat démocrate publiée en Allemagne est d'ailleurs intitulée Le Kennedy noir. Obama incarne pour de nombreux européens une Amérique rejetant les inégalités, tournée vers l'avenir, assumant son statut de première puissance mondiale mais ne cherchant pas à imposer ses vues, et fermement engagée dans la résolution des grands défis internationaux. Cette Amérique dont les Européens attendent beaucoup, trop peut-être parfois, Obama la personnifie, et il n'est dès lors par étonnant de voir un vieux continent obamaniaque lui accorder un véritable triomphe estival. En partenariat avec contre-feux.com Pour ceux qui n'auraient pas pu le voir en direct, ou pour les fans qui cherchent à le visionner à nouveau, voici en intégralité "A World That Stands As One", le discours de Barack Obama prononcé à Berlin ce jeudi 24 juillet.
Pour lire le discours en intégralité, c'est ici.
Le discours de Barack Obama aujourd'hui à Berlin signe sa véritable entrée sur la scène internationale. D'abord parce qu'il a tenu à célébrer la relation transatlantique. Voire même à l'exalter. Barack Obama appelle à l'union de l'Amérique et de l'Europe pour que la coopération entre les deux rives de l'Atlantique vienne à bout du terrorisme international, montre sa fermeté à l'égard du nucléaire iranien, ou aide les Irakiens à structurer leur pays.
Alors que tout le monde l'attendait sur l'inoubliable "Ich Bin Ein Berliner" de JFK, Obama a eu l'intelligence politique de reprendre en filigranes un autre discours, "Tear Down This Wall", prononcé à Berlin par Ronald Reagan en 1987, à propos du mur coupant l'Europe de l'Est et le reste du monde "libre". Obama, lui, veut faire tomber "tous les murs" entre les peuples, les pays et les religions. Un discours qui boucle une certaine boucle dans la communication du candidat démocrate. Il n'a pas hésité à faire référence à "A More Perfect Union", un autre de ses discours qui a marqué cette campagne 2008. De l'autre côté de l'Atlantique, les commentaires sont mitigés. Si les médias louent l'éloquence de Barack Obama, ils ne peuvent pas s'empêcher de se demander si le candidat faisait là campagne pour la présidence américaine ou européenne. Il n'empêche qu'il a réussi à mettre John McCain au pied du mur.
Voici un extrait du discours de Barack Obama (vous pouvez le retrouver en intégralité sur le bog de campagne du candidat démocrate) :
"Thank you to the citizens of Berlin and to the people of Germany. Let me thank Chancellor Merkel and Foreign Minister Steinmeier for welcoming me earlier today. Thank you Mayor Wowereit, the Berlin Senate, the police, and most of all thank you for this welcome. I come to Berlin as so many of my countrymen have come before. Tonight, I speak to you not as a candidate for President, but as a citizen – a proud citizen of the United States, and a fellow citizen of the world. I know that I don't look like the Americans who've previously spoken in this great city. The journey that led me here is improbable. My mother was born in the heartland of America, but my father grew up herding goats in Kenya. His father – my grandfather – was a cook, a domestic servant to the British. At the height of the Cold War, my father decided, like so many others in the forgotten corners of the world, that his yearning – his dream – required the freedom and opportunity promised by the West. And so he wrote letter after letter to universities all across America until somebody, somewhere answered his prayer for a better life. That is why I'm here. And you are here because you too know that yearning. This city, of all cities, knows the dream of freedom. And you know that the only reason we stand here tonight is because men and women from both of our nations came together to work, and struggle, and sacrifice for that better life. Ours is a partnership that truly began sixty years ago this summer, on the day when the first American plane touched down at Templehof. "
UPDATE - L'équipe de campagne de John McCain réagit par la voix de son porte-parole, Tucker Bounds :
"While Barack Obama took a premature victory lap today in the heart of Berlin, proclaiming himself a 'citizen of the world,' John McCain continued to make his case to the American citizens who will decide this election. Barack Obama offered eloquent praise for this country, but the contrast is clear. John McCain has dedicated his life to serving, improving and protecting America. Barack Obama spent an afternoon talking about it." Plusieurs centaines de milliers de Berlinois ont écouté le discours qu'Obama vient de prononcer à l'instant. L'analyse d'Ilovepolitics dans la soirée :-)
David Katz/Obama for America, flickr, compte de Barack Obama
Le texte complet du discours d'Obama est sur Talking Points Memo.
Vous vous en souvenez sans doute : la photo de la poignée de main entre Nicolas Sarkozy, futur candidat à l'élection présidentielle, et George W. Bush, président des Etats-Unis, présentait une étrange perspective puisque les deux hommes semblaient de taille comparable, alors que le président français accuse 15 cm de moins que son homologue américain.Par Barthélémy Courmont, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). En partenariat avec contre-feux.com. Pour les candidats à l'élection présidentielle américaine, la tournée à l'étranger est un cérémonial devenu classique, mais qui a généralement un impact plus grand dans les pays visités qu'aux Etats-Unis. Celle de Barack Obama fait exception, tant elle est suivie de près par les électeurs.
Barack Obama, licence cc, flickr
Au centre des préoccupations, la question de savoir si le jeune sénateur de l'Illinois est à la hauteur de la tâche, s'il est le commandant en chef dont l'Amérique a besoin sur les dossiers de politique étrangère brûlants auxquels elle fait face. Une tournée en trois phases qui sont autant d'aspects de son programme de politique étrangère.
Asseoir son leadership en Afghanistan et en Irak Kaboul et Bagdad, deux destinations obligatoires pour le candidat à la Maison-Blanche, deux destinations à risque également, quand on sait que c'est la capacité d'Obama à proposer une nouvelle orientation dans la guerre contre le terrorisme qui est au cœur des interrogations concernant son leadership. En Afghanistan, Obama a comme prévu rappelé la nécessité de renforcer la présence militaire, et a promis l'arrivée de 7.000 hommes s'il est élu, tout en apportant son soutien à Hamid Karzaï, après l'avoir critiqué à plusieurs reprises. Mais nombreux sont ceux qui doutent que même un renfort de troupes puisse permettre la victoire. En Irak, il a loué les progrès du gouvernement de Nouri al-Maliki, rappelé son souhait de retirer les troupes d'ici deux ans, mais a surtout rencontré le général Petraeus, commandant en chef des forces de la coalition, qui avait défendu les renforts de troupes pour porter un coup aux rebelles, stratégie à laquelle Obama s'était opposé, mais qui semble couronnée d'un certain succès. Ces deux visites sont pour le candidat démocrate l'occasion de mettre en pratique sa stratégie d'écoute des militaires avant de prendre des décisions importantes, notamment sur l'Irak, et d'asseoir son leadership en connaissance des dossiers, et non de manière dogmatique. John McCain avait à cet égard annoncé que son adversaire changerait son approche sur l'Irak après s'y être rendu; à Obama désormais d'apporter une réponse à la hauteur de ses ambitions. Gagner en crédibilité au Proche-Orient La deuxième partie de la tournée d'Obama, en Jordanie puis en Israël, est suivie de près Outre-Atlantique. Souvent hésitant sur le dossier israélo-palestinien, parfois qualifié par ses adversaires de « candidat du Hamas », Obama ne bénéficie pas par ailleurs en Israël du soutien qu'il trouve dans d'autres pays (dès le début de la campagne, les Israéliens ont indiqué leur préférence pour John McCain), et cette visite de séduction de l'Etat hébreu est l'un des moments forts de sa tournée. Mais il ne peut dans le même temps tourner le dos de manière trop nette aux Palestiniens, qui placent de grands espoirs en sa candidature, qui marque pour eux un changement par rapport aux années Bush. Plus que dans les pays en guerre, cette visite au Proche-Orient est le grand test de la crédibilité de Barack Obama sur le front de la diplomatie, d'autant qu'il a promis d'aider Israël à trouver des « partenaires crédibles avec qui faire la paix » une fois élu, et dans le même temps un rééquilibrage de la politique américaine sur son traditionnel plus gros dossier de politique étrangère. Confirmer les soutiens en Europe La troisième partie de la tournée d'Obama, à Berlin, Paris et Londres, est a priori la plus facile. D'abord parce que les relations transatlantiques, passée la crise irakienne, sont au beau fixe ; ensuite parce que le candidat démocrate bénéficie d'une grande popularité en Europe occidentale, comme l'indiquent de nombreux sondages. Cette visite devrait donc être l'occasion de faire état des convergences transatlantiques sur les grands dossiers sécuritaires. La visite en France est la plus attendue, en raison de la présidence de l'Union européenne, mais aussi parce que c'est sans doute en France que l'opinion publique attend le plus d'une éventuelle présidence démocrate, à en juger par l'importante couverture médiatique de l'évènement. Cette visite va donc servir de confirmation de la popularité d'Obama à l'étranger, même si cela n'est que symbolique. Notons cependant que Barack Obama ne se rend pas en Europe centrale et orientale, notamment la Pologne et la République tchèque, qui sont au cœur du partenariat avec Washington sur le déploiement d'une défense antimissile. Sujet sur lequel le candidat démocrate se montre peu loquace, notamment en raison des difficultés rencontrées avec Moscou. De même, et de manière plus globale, cette tournée internationale ne conduit pas Barack Obama en Asie orientale, où les membres de l'administration Bush multiplient actuellement les déplacements, mais région également sur laquelle le candidat démocrate ne s'est que très peu exprimé. On pense notamment à la Chine, à la Corée du Nord, ou plus largement à la stratégie américaine en Asie-Pacifique. Preuve s'il en est que si cette tournée est un événement attendu, elle ne répond pas à toutes les interrogations concernant la politique étrangère selon Obama. En partenariat avec contre-feux.com John McCain serait-il en train de se "bayrouiser" ? Après la censure de sa tribune par le New York Times, le candidat républicain renchérit sur le thème des médias qui lui en veulent. Ou plutôt, sur celui des médias qui n'ont plus qu'un nom à la bouche : Barack Obama. Pour McCain, entre Obama et les médias, love is in the air...
Un terrain glissant pour John McCain, qui a longtemps fait figure de "chouchou" des médias. Le candidat avait été largement défendu par la presse américaine en 2000, lors des attaques plutôt déplacées du camp Bush. Mais cette fois-ci, celui qui fait vendre, celui qui est neuf, c'est Obama. Selon un récent sondage, 114 minutes de couverture médiatiques ont été accordées à Barack Obama depuis début juin, contre 48 minutes pour John McCain. Et le "Obama tour" de cette semaine va encore creuser l'écart. Le sénateur de l'Arizona voudrait à nouveau se faire un place sous les sunlights des caméras. Attention tout de même à ne pas énerver les médias avec ces critiques persistantes.
L'équipe de campagne de McCain propose ce clip en deux versions. Seule la musique de fond change. Aux Internautes de voter pour leur version préférée.
Pas de tribune dans le New York Times pour John McCain. Le candidat républicain voulait montrer que la politique étrangère était son domaine réservé, histoire de se faire entendre pendant le voyage ultra médiatisé de Barack Obama à l'étranger. Il devra revoir sa copie. Le grand quotidien de New York n'a pas voulu publier son texte et multiplie les affronts à son endroit.
Souvenez-vous du début de scandale lobbyiste lancé par le journal en février. Les éditorialistes maison prétendaient que McCain avait été l'amant de Vicki Iseman, lobbyiste de son état. Le même New York Times avait pourtant choisi de soutenir officiellement John McCain lors des primaires républicaines. Mais voilà : le quotidien ne veut pas de la tribune sur l'Irak rédigée par John McCain.
Un mauvais moment médiatique à passer pour le sénateur de l'Arizona ? Pas si sûr. Le cercle républicain, jusqu'à lors peu enclin à se mobiliser pour McCain a commencé à crier à la censure. D'autant plus que le New York Times a publié le 14 juillet dernier un texte de Barack Obama intitulé "My Plans for Iraq". L'équipe de campagne du candidat républicain s'est empressée de mettre sa tribune sur Internet, et pas chez n'importe qui. C'est Matt Drudge qui a récupéré le scoop. Et offre au texte une couverture bien plus importante que s'il avait été publié dans les colonnes du New York Times.
Voici un extrait de la fameuse tribune de John McCain, censurée par le New York Times:
"(...) Progress has been due primarily to an increase in the number of troops and a change in their strategy. I was an early advocate of the surge at a time when it had few supporters in Washington. Senator Barack Obama was an equally vocal opponent. "I am not persuaded that 20,000 additional troops in Iraq is going to solve the sectarian violence there,” he said on January 10, 2007. “In fact, I think it will do the reverse." Now Senator Obama has been forced to acknowledge that “our troops have performed brilliantly in lowering the level of violence.” But he still denies that any political progress has resulted. (...) The success of the surge has not changed Senator Obama's determination to pull out all of our combat troops. All that has changed is his rationale. In a New York Times op-ed and a speech this week, he offered his “plan for Iraq” in advance of his first “fact finding” trip to that country in more than three years. It consisted of the same old proposal to pull all of our troops out within 16 months. In 2007 he wanted to withdraw because he thought the war was lost. If we had taken his advice, it would have been. Now he wants to withdraw because he thinks Iraqis no longer need our assistance. To make this point, he mangles the evidence. He makes it sound as if Prime Minister Maliki has endorsed the Obama timetable, when all he has said is that he would like a plan for the eventual withdrawal of U.S. troops at some unspecified point in the future. (...) I have said that I expect to welcome home most of our troops from Iraq by the end of my first term in office, in 2013. But I have also said that any draw-downs must be based on a realistic assessment of conditions on the ground, not on an artificial timetable crafted for domestic political reasons. This is the crux of my disagreement with Senator Obama. (...) The danger is that extremists supported by Al Qaeda and Iran could stage a comeback, as they have in the past when we've had too few troops in Iraq. Senator Obama seems to have learned nothing from recent history. I find it ironic that he is emulating the worst mistake of the Bush administration by waving the “Mission Accomplished” banner prematurely. I am also dismayed that he never talks about winning the war-only of ending it. But if we don't win the war, our enemies will. A triumph for the terrorists would be a disaster for us. That is something I will not allow to happen as president. Instead I will continue implementing a proven counterinsurgency strategy not only in Iraq but also in Afghanistan with the goal of creating stable, secure, self-sustaining democratic allies." | |













Le fait marquant









